Education, formation, information

Présentation du thème :

L’éducation, comme dans de nombreux secteurs de l’activité humaine, est, dans la compréhension des rapports entre l’homme et l’animal, le vecteur clé. Ce besoin d’approfondissement des connaissances sur le vivant et sur l’animal touche à des degrés divers l’ensemble de la société, que ce soit les professionnels des activités au contact des animaux, les élus (notamment les maires) ou les particuliers (propriétaires ou non d’animaux). Chacun de ces groupes ayant des besoins de formation spécifiques, la démarche doit donc être réfléchie et organisée en fonction des différents publics visés.

De nombreux moyens et de nombreuses structures sont susceptibles d’apporter une information. On pense notamment au rôle de l’école, et de la connaissance de l’animal qui pourrait être développée tant dans le programmes scolaires qu’auprès des enseignants. Il en va de même des médias de masse et de la publicité, qui véhiculent parfois une ’image anthropomorphique de l’animal, ce qui peut être contraire au respect de la place de l’animal et à ses besoins spécifiques. Mais c’est avant tout à un niveau plus global qu’il faut en favoriser la coordination et la cohérence.

La formation doit porter sur l’éthique et sur l’éthologie. S’il existe un grand nombre de savoirs empiriques sur l’animal de compagnie, il existe très peu de savoirs scientifiques sur leur éthologie. L’Université française s’en préoccupe peu et si des avancées existent sur l’animal sauvage et l’animal de rente (travaux de l’INRA), il n’existe pratiquement rien sur l’animal domestique de compagnie et les espèces commensales. Il faut inciter à des actions de recherche éthologiques sur ces espèces. Ces fondements sont indispensables aux actions de formation et à la mise en œuvre des mesures nécessaires pour développer le rôle social de l’animal, soigner les troubles du comportement, permettre la régulation des populations.

L’éducation des enfants et la formation des enseignants
Les enfants et les enseignants apparaissent au groupe comme le public de choix pour l’acquisition et la diffusion d’une éducation au respect du vivant et de l’animal. Par exemple, certaines expériences aux Etats-Unis qui situent le respect de l’animal dans l éducation dite « humanitaire », placent l’enfant sur le sens de la responsabilité à l’égard de l’animal et lui fournissent une opportunité d’accroître sa confiance en soi.

En France, la notion de « respect de l’animal » est inscrite dans les programmes scolaires à la fois sur le plan scientifique et sur le plan éthique. Cependant ces messages globaux n’ont pas toujours les effets escomptés car la perception de l’animal est très diverse selon les enfants. Elle peut varier selon leur âge, leur culture, la présence ou non d’un animal dans la famille…etc. On remarque que si l’éducation de l’enfant basée sur l’observation et la compréhension des signaux de communication des animaux permet de prévenir les accidents, elle doit avant tout souligner l’intérêt de la connaissance et ne pas se focaliser sur une éventuelle dangerosité ou bien être génératrice de craintes.

Enfin la formation initiale et continue des enseignants au respect de l’animal devrait être réalisée à l’Institut universitaire de formation des maitres (IUFM), par ou à partir des travaux des scientifiques. Certains membres du groupe sont extrêmement réticents à ce que l’éducation des enfants sur le thème de respect du vivant et du bien-être animal s’appuie sur des intervenants extérieurs.

Des réflexions communes devraient être mises en place entre le Ministère de l’Education Nationale et celui de l’Agriculture, auxquelles les professionnels et les élus locaux devraient participer. Les objectifs seraient la rédaction d’une charte d’accueil pour les élevages et autres établissements qui reçoivent des visites de classes de l’enseignement primaire ainsi qu’un travail sur les ouvrages scolaires, même si le Ministère de l’Education Nationale ne contrôle pas leur contenu, de façon à ce que les ouvrages pour la jeunesse ne diffusent pas de d’information fausse ou erronée.

La formation des professionnels
Les acteurs de la filière qui élèvent, qui prennent soin ou qui vendent des animaux de compagnie ont vocation à informer les propriétaires d’animaux et le public en général (chaque citoyen pouvant être un acquéreur potentiel). Ils doivent donc disposer d’une formation adéquate. Les certificats de capacité et les compétences qu’ils apportent en matière de bien-être animal devraient, pour les participants du groupe de travail, être approfondis.

Pour prendre en compte les problématiques de bien-être les professionnels de l’élevage revendiquent la mise en place de guides de bonnes pratiques qui formalisent bien souvent des pratiques s'appuyant sur l'expérience, mais aussi sur des améliorations issues de travaux de recherche effectués par des institutions publiques (Institut National de la Recherche Agronomique, écoles d'agronomie, ou écoles vétérinaires…) ou privées (Instituts techniques des différentes filières professionnelles). Ces guides pourraient se voir apposer un label « national » (Animal et Société) qui assoirait un peu plus leur légitimité.

La formation des agents de l’Etat

Sur ce sujet, il est apparu regrettable que les inspecteurs des services vétérinaires, les fonctionnaires de police et de gendarmerie appelés à travailler dans le domaine de la sécurité publique ne bénéficient pas d’un approfondissement de leurs connaissances sur le bien-être et la protection animale. Il y a là une amélioration notable à concevoir.

La formation des particuliers
Les propriétaires d’animaux constituent un enjeu central, leur formation doit s’effectuer d’une part au moment de l’achat de l’animal puis ensuite sur la durée. Il est indispensable qu’ils disposent, avant même l’acquisition, d’informations sur les besoins, le fonctionnement et la sensibilité propres à l’espèce qu’ils ont choisi ainsi que sur le bénéfice de sa possible stérilisation. Les objectifs sont multiples : assurer le bien-être physiologique et psychologique de l’animal, permettre des relations harmonieuses entre lui et son propriétaire et éviter les abandons souvent liés au fait que l’acquéreur a surestimé ses capacités à assumer cette responsabilité. Les abandons sont également consécutifs à l’arrivée de portées non souhaitées mais vis-à-vis desquelles aucune mesure préventive n’a été prise.

Aussi, le propriétaire d’un animal doit être conscient du fait qu’il doit respecter des règles pour que son animal ne constitue pas une gêne pour les autres citadins.

L’information des élus et des agents de l’Etat

Il parait également indispensable que les responsables municipaux chargés de la gestion de l’animal en ville soit formés à ce sujet et que cette acquisition leur soit reconnue en terme d’avancement de carrière. L’information doit se faire aussi à l’échelle de l’administration locale, en revigorant les Conseils Départementaux de la Santé et de la Protection Animale (CDSPA), méconnus du grand public et qui ont dans certaines localités un rôle prédominant.


L’information du grand public

L’ensemble des messages destinés aux différents types de publics doivent être cohérents entre eux. En particulier les messages véhiculés par les medias doivent être cohérents avec ceux de l’enseignement scolaire. Les messages des médias ne doivent pas venir aggraver les problèmes existants relatifs à la place de l’animal. Certaines émissions sont incitatrices d’achats d’impulsion tout à fait inadéquats et la présentation d’animaux dans certaines autres ne se fait pas dans des conditions favorables à leur bien-être. Le bureau de vérification de la publicité (BVP) devra être alerté sur les inconvénients de certaines diffusions entachées d’erreur de (re)présentation de l’animal. Il serait judicieux par ailleurs d’encourager certaines diffusions pertinentes ; il y a là un besoin d’inciter à une vigilance éthique et à veiller à l’homogénéité des messages envoyés au public.

 

Propositions d’actions :

Groupe de travail n°1 : Les statuts de l’animal

  • Proposition n°3 (GP1): Promouvoir l’éducation et la formation à la connaissance et au respect de l’animal à tous les niveaux de la société.

Groupe de travail n°2 : L’animal dans la ville

  • Proposition n°1 (GP2): Renforcer et développer la connaissance et le « respect de l’animal » dans les temps scolaires et périscolaires.
  • Proposition n°2 (GP2): Définir et mettre en œuvre une stratégie cohérente d’information à destination du grand public et diffuser des messages adaptés aux différents publics susceptibles d’être en contact avec l’animal en ville.
  • Proposition n°3 (GP2) : Informer les acquéreurs potentiels puis accompagner les propriétaires d’animaux

Groupe de travail n°3 : Animal, économie et territoires

  • Proposition n°1 (GP3): Saisir l’opportunité de futures révisions de la réglementation sur la protection animale pour en améliorer la lisibilité et la compréhension.
  • Proposition n°11 (GP3): Préparer une circulaire ministérielle à l'attention des Préfets pour appeler leur attention sur l'importance du collège « Bien-être et Protection Animale » au sein des Conseils Départementaux de la Santé et de la Protection Animale (CDSPA)
  • Proposition n°23 (GP3): Procéder à l’élaboration de guides concernant le bien-être et la protection animale (notamment sur les thèmes abordés: élevage, transport, utilisation des animaux dans les spectacles, abattage).
  • Proposition n°24 (GP3): Apposer un label « Animal et Société » sur les guides de bonnes pratiques professionnelles établis en concertation par l'ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de la protection animale.
  • Proposition n°25 (GP3): Elaborer un plan de communication à destination du grand public
  • Proposition n°26 (GP3): Mieux intégrer la notion de bien-être animal dans les programmes de formation initiale et continue des professionnels en contact avec des animaux
  • Proposition n°27 (GP3): Améliorer la formation initiale et continue des agents de l’Etat en charge des contrôles.
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